Au Chatelet

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Cet article se retrouve également dans une des parutions de CANIS FAMILIARIS,
Vol.1 numéro 3 (automne 2008)

Les Probiotiques - Partie 1
Par Renée Claude Lessard
Février 2008
 

N’avez-vous pas remarqué toute la publicité qui entoure ces derniers temps les probiotiques ? À grand coup de publicité, un de ces produits nous mets au défi d’intégrer son yogourt à base de bonnes bactéries pendant 14 jours. À ce jour, plusieurs études scientifiques ont été réalisées sur les probiotiques; d’autres sont en cours et d’autres à venir.

Et qui n’a pas entendu l’expression de « bactéries amies », « bactéries bénéfiques » ? Et combien de fois avons nous entendu parlé des bienfaits des probiotiques pour réparer les dommages subis suite à une prise d’antibiotiques?

Mais pourquoi toute cette attention sur des bactéries? Notre éducation ne nous a pas appris que les bactéries étaient indésirables? Alors pourquoi toute cet intérêt récent ? Est-ce que toutes les probiotiques sont identiques? Comment s’y retrouver? Et faut-il inclure les probiotiques non seulement dans la diète de nos chiens mais également dans la nôtre ?

C’est grâce à Linda Ardnt, de Blackwatch Great Danes (
www.greatdanelady.com) que ma fascination pour les probiotiques a pris naissance. Depuis plus de 15 ans maintenant que cette fascination ne cesse de grandir. Mais ma première rencontre avec les notions de « bactéries » me vient d’une mère infirmière : imaginez-vous que dans ce contexte et que l’on recule de quelques années, ces petits organismes vivants n’étaient pas nécessairement considérés comme des « amis »!

J’ai donc pensé vous parler des probiotiques en deux temps : le premier, en vous parlant un peu des probiotiques en tant que tel. Dans un deuxième temps, nous aborderons le tout dans le contexte du monde canin

 
La raison de l’importance des probiotiques

L’importance des probiotiques est indéniable et la raison en est fort simple :

80 % du système immunitaire se situe à l’intérieur du système digestif,
que ce soit le vôtre ou celui de votre chien !

Un système immunitaire fort et robuste est la clé principale d’un système de défense efficace contre toute maladie.

Le maintien d’une bonne flore intestinale devient donc beaucoup plus important que vous pourriez le penser! Et ce tant pour vous que pour vos chiens!

Des probiotiques, c’est quoi?

Le mot « probiotiques » nous vient du mot grec qui signifie « pour la vie ». Du même coup, vous venez de comprendre l’origine du mot « antibiotique », « contre la vie ». La plupart des probiotiques sont similaires aux bactéries que l’on retrouve dans la flore intestinale.

Elles font donc référence à ces petites bactéries qui se retrouvent, entre autre chose, dans le yogourt et que l’on nomme « culture active » ou « culture vivante ». Ces bactéries lactiques ont la capacité de convertir le lactose que nous ingérons en acide lactique (ce qui donne le goût plutôt acide du yogourt nature).

Ces minuscules bactéries représentent un certain pourcentage des milliards d’organismes vivants qui colonisent le système digestif. Souvent appelée aussi la flore intestinale, elles jouent un rôle important dans tout le processus de digestion et d’assimilation des nutriments.

En tout temps, elles sont en constante compétition contre les mauvaises bactéries. On parle de déséquilibre au niveau de la flore intestinale lorsque les mauvaises bactéries dépassent un certain niveau. Tout débalancement entre le rapport des deux et la santé devient compromise.

La clé d’une bonne santé n’est pas d’éradiquer complètement la présence de mauvaises bactéries mais bien de maintenir un niveau d’équilibre idéal. Cet équilibre idéal entre les bonnes bactéries et les mauvaises doit être autour de 85 % pour les bonnes pour 15 % de mauvaises. Le principal facteur qui détermine et modifie les proportions de bonnes batteries versus les mauvaises est le niveau général de santé.

Dans un organisme sain, le tube digestif est colonisé par environ 100 000 milliards de bactéries appartenant à 400 espèces différentes. De 30 a 40 espèces de ces bactéries représentent 99 % de la flore qui forme un écosystème stable essentiel au maintient d’une bonne santé. Le nombre de bactéries colonisant le tube digestif dépasse largement le nombre de cellules du corps humain dans une proportion de 10 pour 1! 
 

Saviez vous que : Une étude récente menée par le Australian Institute of Sport (Canberra) a démontré que la prise de probiotiques réduisait le nombre et la durée d’infections sur des coureurs longues distances.
Un entraînement vigoureux peut affecter le système immunitaire rendant les athlètes du même coup plus vulnérables aux rhumes et grippes. Toutefois cette étude a démontré que la prise de probiotiques réduisaient de moitié la période pendant laquelle les symptômes affectaient les coureurs.

L’ étude s’est concentrée sur 20 coureurs de longue distance de haut niveau pendant leur entraînement intensif d’hiver. Tous ont reçus un supplément sous forme de comprimés pour une période de deux mois. Une groupe recevant des comprimés avec la bactérie « Lactobacillus fermentum » alors que l’autre groupe recevait un comprimé placebo.

Les coureurs ayant reçus un placebo accumulent un nombre total de 72 jours pendant lesquels ils se plaignent des symptômes de la grippe ou du rhume. Les coureurs ayant reçu le supplément de probiotiques en accumulent un total de 30 jours.

On estime que quelques 80 % des Américains souffrent de déséquilibre entre les bonnes et mauvaises bactéries. Selon le Royal Society of Medicine of Great Britain, près de 90 % des maladies chroniques auraient pour cause un système intestinal déficient. Même ceux qui ne prennent pas d’antibiotiques peuvent souffrir d’un manque de bactéries amies. Ce manque peut être la conséquence d’une ou plusieurs causes tels qu’une mauvaise alimentation, le stress, la maladie, la prise de médicaments (autres que des antibiotiques), de voyages ou de facteurs environnementaux. En fait, tout ce qui ultimement interfère avec la croissance et la reproduction des bactéries amies interfère du même coup avec la santé.

Malheureusement nos animaux souffrent probablement encore plus de genre de déséquilibre que leurs maîtres. Il ne faut pas oublier que souvent nos animaux partagent les mêmes problèmes de santé que ceux des humains. Ils sont, tout comme nous, affectés par les antibiotiques prescrits par les vétérinaires et qu’ils reçoivent fréquemment tout comme par les toxines environnementales et la diète. Plusieurs moulées pour animaux contiennent des ingrédients avec lesquelles les bactéries “ennemies” peuvent croître et se reproduire, comme les sucres, les féculents et tous les ingrédients qui endommagent les bonnes bactéries tels que les agents de conservations chimique.

Tant pour les humains que pour les animaux, un tube digestif sain est colonisé par quelques 100 000 milliard de bactéries, appartement a 400 espèces différentes. Seulement 30 à 40 espèces de ces bactéries représentent 99% de la flore formant un écosystème stable essentiel à une bonne santé. Ces bactéries produisent des enzymes, améliorent la digestion, réduisent les risques de colite, du syndrome du colon irritable et autre maladie similaire. Elles préviennent les problèmes de diarrhée, synthétisent les vitamines, détoxifient le corps et protègent des toxines.

Chez le chien, les états qui correspondent à un déséquilibre au niveau des bactéries amies comprennent entre autre chose :
  • les problèmes digestifs
  • les flatulences
  • la constipation ou l’état opposé, la diarrhée
  • l’infection des voies urinaires
  • les allergies
  • le diabète
  • l’arthrite
  • les carences en vitamine B
  • les problèmes aux oreilles récurrentes
  • les maladies de peau
  • une susceptibilité aux infections virales ou bactérienne
  • la mauvaise haleine
  • une réponse immunitaire inadéquate ou faible
  • et dans quelques cas, des problèmes de comportements ou de confusion.
Historique

Depuis longtemps, on a toujours considéré que les produits laitiers fermentés (yogourt) étaient source de santé et de longévité exceptionnelle. Principalement, c’est dans le Caucase, en Europe de l'Est, en Russie et au Moyen-Orient, où l’on consomme des produits laitiers fermentés depuis des centaines d'années.

Vers la fin du XIXe siècle, des microbiologistes ont constatés que la composition de la flore intestinale des personnes en bonne santé différait de celles des personnes malades.

  C'est le lauréat d'un prix Nobel, chercheur russe Elie Metchnikoff (1848-1916), microbiologiste et zoologiste qui, au début du XXe siècle, a découvert qu'on pouvait contrecarrer les effets des bactéries pathogènes en consommant des bactéries lactiques. Il réussit à isoler certaines bactéries, dont le Lactobacille Bulgaricus (aujourd’hui le Delbrueckil ssp) et le Lactobacille Acidophiles. Lors de ses recherches, il constata que ces dernières avaient pour effet d’abaisser le pH de l’intestin et ainsi réduire considérablement la présence des bactéries pathogènes. La réduction des mauvaises bactéries, jumelée à l’augmentation des bonnes bactéries dans les intestins, améliore la performance du système immunitaire et réduit le travail des organes épurateurs tels les reins et le foie

Sur la foi de ces études, la consommation de ferments lactiques augmenta sensiblement en Europe et en Amérique du Nord jusqu'aux années 1920, pour ensuite diminuer. Cependant, au début des années 1960, les chercheurs s’intéresseront de nouveau à la flore intestinale et étudieront de façon approfondie les effets des bactéries intestinales sur des animaux dont on avait détruit la flore
.

Principe de base

L’homéostasie est un mot grec qui veut dire “stable et balancé”. Lorsque tous les systèmes du corps sont en état d’homéostasie, on se retrouve avec une température corporel stable, un pH sanguin constant, un taux de sucre équilibré, une pression sanguine normale et une population de microorganismes en santé. Cet état survient lorsque les bactéries amies sont en plus grand nombre que les mauvaises bactéries. En fait, la plupart des experts considèrent que pour une santé optimale, le corps doit contenir autour de 80% de bactéries amies et pas plus de 20% de mauvaises bactéries.

 Mécanisme de fonctionnement

Les probiotiques agissent selon trois principaux modes d’action.

Le premier mode consiste à moduler l’activité du système immunitaire intestinal. Ainsi les bactéries amies améliorent l’immunité lorsqu’elle est faible :par exemple au moment du développement du système immunitaire chez l’enfant ou de son vieillissement chez les personnes âgées. Elles diminuent également la « suractivation » du système immunitaire, notamment dans les cas d’allergies ou de maladies inflammatoires de l’intestin.

Dans un deuxième mode d’action, les probiotiques augmentent la fonction de barrière de la muqueuse intestinale, par exemple en accentuant la production de mucus ou des anticorps de type IgA.

Finalement en tant que dernier mode, les probiotiques ont des effets antimicrobiens directs, principalement en inhibant l’invasion des bactéries pathogènes et leur adhésion aux parois intestinales.

Ainsi, selon ces modes d’actions, les bactéries amies accomplissent une très grande variété de fonctions, par exemple :

1. Renforcir le système immunitaire

2. Contribuer au processus de digestion et d’absorption : en secrétant des enzymes qui vont aider à « briser » les parois des aliments afin d’aller chercher tous les nutriments (par exemple, les bactéries amies retrouvées dans certains yogourts qui aident à la digestion des hydrates de carbone, des protéines et des gras contenus dans le lait)

3. Diminuer les réactions des allergies alimentaires (car les déséquilibres de la flore peuvent contribuer à une augmentation de la perméabilité intestinale permettant ainsi aux allergènes (protéines diverses) de passer dans le système de l’animal et provoquant ainsi des réactions)

4. Maintenir les organismes pathogéniques (ceux qui causent les maladies) à un niveau tel que notre organisme ou celui de notre chien ne devient pas malade

5. Promouvoir l’activité anti cancérinogène

6. Secréter de l’acide lactique, du peroxyde d’hydrogène ainsi que leur propres agents antibiotiques

7. Diminuer le pH intestinal, améliorant du même coup l’absorption des minéraux


De nos jours, les probiotiques font l’objet de recherches intensives et on trouve de plus en plus, dans le commerce, des préparations renfermant divers micro-organismes bénéfiques.

Il arrive également qu’on ajoute également à ces produits avec probiotiques des fibres. Ces fibres ont pour rôle de favoriser la production de micro-organismes (des fructo-oligosaccharides, telle que l’inuline qui est un extrait de la racine de chicorée). On leur donne le nom de prébiotiques parce qu’elles favorisent la multiplication des colonies de probiotiques. On appelle « symbiotiques » les produits qui renferment à la fois des probiotiques et des prébiotiques. Ainsi les probiotiques sont des bactéries bénéfiques et les prébiotiques sont des aliments qui nourrissent ces probiotiques.

L'utilisation des probiotiques chez les animaux de ferme remonte aux années 70 mais leur usage est en pleine expansion compte tenu des résultats positifs obtenus.
 
Saviez-vous que : L’Université Laval à Québec a récemment rénové l’ancien pavillon de l’Agriculture et Services (situé derrière le centre commercial Place Ste-Foy) pour lui donner une nouvelle vocation.

Aujourd’hui connu sous le nom de I.N.A.F. (Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels), ce pavillon est exclusivement consacré à l’étude des nutraceutiques (dont les probiotiques font partie) utilisés pour la prévention des maladies chroniques.

Principales catégories de probiotiques

Les bactéries lactiques comptent parmi les principaux probiotiques. Le mot générique « bactérie lactique » vient du fait que ces bactéries ont la propriété de produire de l’acide lactique. Elle provient de la dégradation du lactose par les bactéries. Par exemple, plus un lait est frais, moins il contient d'acide lactique.

Principalement les probiotiques se divisent en trois grandes catégories de bactéries :

• les « Lactobacilles » (bactéries du genre Lactobacillus)
• les « Bifidobacteries » (bactéries du genre Bifidus)
• les « Streptocoques » (bactéries du genre Streptococcus).

À l’intérieur de chacun de ces groupes, on y retrouve différentes espèces. De même qu’à l’intérieur de chacune de ces espèces, il existe différentes souches. 
 
Groupe de probiotiques  ----  Différentes espèces   ----    Différentes souches

La levure de bière active (ou « vivante ») est également un probiotique. Elle est constituée d’une colonie de champignons microscopiques, généralement de l’espèce Saccharomyces cerevisiae de la souche boulardii, communément appelée levure boulardii. Ces micro-organismes, qui ne sont pas pathogènes, digèrent le sucre et l’amidon des céréales, créant un milieu riche en protéines et en vitamines, principalement en vitamines du groupe B (il s’agit de l’une des plus importantes sources naturelles de thiamine, une vitamine du groupe B qui est essentielle au métabolisme des hydrates de carbone et des gras). Le milieu créé par la levure est séché à froid et réduit en poudre, laquelle est vendue en vrac ou en sachets, ou sous forme de capsules ou de comprimés. ATTENTION : il ne faut pas confondre la levure de bière boulardii séchée a froid qui est « vivante » et la levure de bière ordinaire rendue inactive par un séchage a haute température.

Finalement…..

Pour cette première partie, il est bon de se rappeler que tous les probiotiques ne sont pas égaux. Toute la gamme de produits offerts sur le marché diffère en qualité, selon la souche d’origine, en pureté, en viabilité, en stabilité, en consistance et en documentation clinique. Tous ces points influencent directement les performances d’un produit par rapport à un autre.

Dans cette première partie, je n’ai fait qu’un simple survol de tout ce monde que sont les probiotiques. Dans la prochaine parution, je vous parlerais des probiotiques dans une perspective du monde canin …….. Ainsi, vous et moi avons un rendez-vous dans la prochaine parution! 
 
Renee Claude Lessard est impliqué dans le danois sous le nom d’élevage « Au Chatelet ». Depuis plus d’une dizaine d’années, elle s’intéresse activement à l’alimentation des races géantes, aux soins holistiques et à l’impact de l’alimentation sur la santé canine. Pour la joindre : www.auchatelet.com

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